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Dossier de presse
Thèmes Cultures Date de publication Fiche détail

Environnement




08/06/2004


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Les outils de l'agriculture durable

SOMMAIRE

·        L' agriculture durable en 7 questions-réponses  

·        Mesurer la durabilité des exploitations

·        La Jaillière : Déjà 10 années d' expérience en matière  d' agriculture durable

·        " Nous mettons en oeuvre l' agriculture durable et attendons une politique énergétique ambitieuse "

 

Annexes

-          Annexe 1 : IDEA : 3 échelles  10 composantes  41 indicateurs

-          Annexe 2 : Le cas d' une exploitation

 

L' agriculture durableen 7 questions / réponses

Gilles Thévenet    Directeur Scientifique de Arvalis - Institut du végétal

 

- Qu'est-ce que l' agriculture durable ?

L' agriculture durable se définit comme une agriculture économiquement viable, socialement équitable et écologiquement saine. Il s'agit de l'application agricole de la notion de développement durable, définie en 1992 à Rio, comme " répondant aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre à leurs propres besoins ". En d' autres termes, on retrouve la notion de "  gestion en bon père de famille " des baux ruraux !

A noter cependant que, si le concept se veut universel, sa déclinaison concrète est différente entre les pays, ce qui peut entraîner à terme des distorsions de concurrence.

 

 - Dans le cas d'une exploitation, quelles réalités recouvrent ces notions économiques, écologiques et sociales ?

D' un point de vue économique tout d' abord, le système de production doit permettre une sécurisation des revenus face aux aléas climatiques et aux variations de marchés afin d'assurer un niveau de vie décent à l' exploitant et sa famille. La dimension écologique doit s' entendre au sens large en incluant la préservation des ressources naturelles (énergie, ressources minières, sol& ), de la qualité de l' eau ou del' air, de la biodiversité et des paysages. Quant àl' équité sociale, elle est certainement la plus difficile à appréhender. Elle se réfère à des valeurs telles que la qualité des produits, la solidarité, la citoyenneté ou la qualité de vie.

 

- On entend souvent parler d'agriculture biologique, d'agriculture de précision, d'agriculture raisonnée, existe-t-il des liens entre ces différentes conceptions et l'agriculture durable ?

Oui, car elles résultent toutes du fait que l'on se préoccupe, de plus en plus, de l'impact des pratiques agricoles sur l'environnement, de la qualité sanitaire et nutritionnelle des produits sans oublier que-  condition sine qua non - l'agriculture ne peut être "durable", en France comme ailleurs, que si elle génère un revenu permettant aux agriculteurs de vivre au sein de leur territoire. Ainsi, à partir des années 1990, le monde agricole a développé de nouvelles pratiques qui constituent autant de voies possibles pour accéder à l'agriculture durable. Citons, en effet, parmi elles l' agriculture raisonnée, l' agriculture de précision ou l' agriculture biologique.

 

- Quelles sont, par exemple, les différences entre l' agriculture raisonnée et l'agriculture durable ?

L' agriculture raisonnée a aujourd' hui un statut officiel puisque définie dans un référentiel publié par le Ministère de l' Agriculture. Elle  repose sur un ensemble de bonnes pratiques qui visent, notamment, à ajuster les apports d' intrants en fonction des besoins de la culture. Elle est une des voies privilégiées offertes aux agriculteurs pour mettre en oeuvre, à l' échelle de leur exploitation, une agriculture durable, même si elle ne recouvre qu' une partie de la durabilité. Cette dernière intègre, par exemple, des aspects sociaux qui ne sont pas directement du ressort de l'agriculture raisonnée.

 

- Qu' est-ce qu'un CAD ?

Succédant au contrat territorial d' exploitation (CTE), le contrat d' agriculture durable (CAD) permet de valoriser les efforts entrepris par les agriculteurs pour faire évoluer leur système vers la durabilité. Signé pour une durée de cinq ans, il s'agit d'un engagement volontaire et personnalisé qui comporte deux volets : territorial / environnemental (obligatoire) et socio-économique (optionnel). L'exploitant a le choix de prévoir des mesures dans les deux volets, ou de s'engager uniquement dans le cadre du volet environnemental.

 

- Existe-t-il des moyens de mesurer la durabilité ?

La méthode qui me parait la plus opérationnelle à ce jour , - même si elle est encore perfectible  est la méthode dite IDEA (Indicateur de durabilité des exploitations agricoles). Elle permet d' évaluer la durabilité d' une exploitation à un instant donné en s' appuyant sur ses caractéristiques techniques, sociales et économiques. Ces informations sont ensuite pondérées et associées (selon des règles précises) pour aboutir à la définition d' une note de durabilité. Cette note dévoile les forces et les faiblesses d' une exploitation et peut orienter l' agriculteur vers des voies de progrès. Elle permet également des comparaisons intéressantes et des échanges riches entre agriculteurs au sein d' une même petite région.

Née en 1998, cette méthode a été testée pendant deux ans avant de faire l' objet d' une publication et d' une large diffusion à partir d' octobre 2000. Sa dernière version, incluant  l' arboriculture, la viticulture et le maraîchage, date d' avril 2003 (voir autre document consacré à cette thématique dans ce dossier de presse).

 

- Quels en sont les enjeux pour l'agriculture française et, en particulier, pour la céréaliculture ?

A court terme, l' enjeu essentiel est de rendre le concept concret et opérationnel  !C' est à ce titre que la mise à disposition  des " outils de l' agriculture durable " (aides à la décision, indicateurs de mesure,) fait partie du programme d' activités d' ARVALIS - Institut du végétal.

A moyen terme, le concept devrait permettre de donner à nos concitoyens une image plus vraie de l' agriculture en leur permettant d'objectiver leur perception  du métier d' agriculteur. Savent-ils, par exemple, qu' aujourd' hui un agriculteur français nourrit 60 personnes, alors qu'en 1960 il n'en nourrissait " que " 15 et pour deux fois plus cher?

A long terme, l' enjeu de l' agriculture durable rejoint bien sûr celui du développement durable , à savoir, permettre aux générations futures de disposer des mêmes ressources naturelles que nous pour répondre à leurs besoins et donc, et on y revient pour l'agriculteur,  de gérer en bon père de famille !...

 

 

 

Mesurer la durabilité des exploitations

Philippe Viaux   -   ARVALIS - Institut du végétalIngénieur de recherche (service des Etudes Economiques)

 

Depuis 2000, un outil simple est disponible pour mieux comprendre et quantifier la durabilité des exploitations. Cette méthode, nommée IDEA (indicateur de durabilité des exploitations agricoles)  permet surtout d'  identifier des voies de progrès.

Origine de la méthode

Les travaux de mise au point de la méthode IDEA ont débuté en 1998 à l' initiative de la cellule agriculture durable de la DGER[1]. Cette démarche faisait suite à la conférence de Rio qui, en validant en 1992 le concept de développement durable, recommandait aux chercheurs la mise au point d indicateurs de durabilité. Différents organismes internationaux tels que l' ONU[2], l' OCDE[3] , ou l' Union européenne ont alors proposé des moyens de mesure du développement durable. Parallèlement, des outils spécifiques des activités agricoles voyaient le jour en France& IDEA est l'un d' entre eux et reste le seul à intégrer les trois volets de la durabilité que sont les aspects environnementaux, sociaux et économiques.

 

Une trentaine de concepteurs d' horizons divers

Le concept a été développé par une trentaine d' experts d' origine diverses tant en termes d' organismes (Inra, Cemagref, Instituts techniques, Ministères) qu' en termes de disciplines (économie, sociologie, agronomie ). Issue de ce travail collectif, la méthode répond à cinq objectifs :

-          donner, aux professionnels agricoles, les moyens de s' approprier concrètement la notion d' agriculture durable

-          permettre d' évaluer, à un moment donné, la durabilité d' une exploitation

-          faire émerger des pistes d' amélioration de la durabilité des exploitations

-          favoriser un dialogue autour de la notion d' agriculture durable

-          estimer les progrès réalisés.

 

Un outil qui intègre les trois piliers de l' agriculture durable

L' actuelle méthode IDEA fait suite à une version test proposée en 1999, largement diffusée à partir de 2000, et récemment modifiée en avril 2003. Ces dernières améliorations ont permis d'intégrer l' arboriculture, la viticulture et le maraîchage. Il n' existe aujourd' hui qu' une seule méthode IDEA, qui s' applique quel que soit le système (élevage, céréalicultures ou maraîchage sont analysés selon les mêmes critères) donnant ainsi la possibilité de comparer la durabilité de ces systèmes entre eux. Dans la pratique, la méthode IDEA repose sur l' attribution d' une note, comprise entre 0 et 100, à chacune des trois échelles suivantes :

-          durabilité agro-écologique, qui analyse la capacité d' un système à combiner les ressources du milieu (ressources génétiques, sol, énergie& ),

-          durabilité socio-territoriale, qui mesure l'insertion de l' exploitation dans son territoire et dans la société,

-          durabilité économique, qui aide à comprendre les résultats économiques au delà du court terme et des aléas conjoncturels.

 

Un barème et une pondération qui reflètent la demande sociale

Chacune de ces trois échelles est subdivisée en trois ou quatre composantes, regroupant elles mêmes différents indicateurs. A titre d' exemple, l' échelle de durabilité agro-écologique regroupe trois composantes : la diversité des productions agricoles, l' organisation de l' espace et les pratiques agricoles (la liste complète des échelles, de leurs composantes et indicateurs est proposée en annexe).

L' attribution des points de durabilité se fait indicateur par indicateur. Elle permet de déterminer une note pour chaque composante, conduisant  pour chaque échelle- à une note de durabilité comprise entre 0 et 100.

Il est important de noter que, pour atteindre le nombre maximum de points de chaque composante, plusieurs combinaisons sont possibles. En effet, si certains principes sont communs aux systèmes agricoles durables, il n' existe pas de modèle unique. Certains indicateurs peuvent donc se compenser : des rotations plus longues incluant des légumineuses peuvent pallier l'absence d' animaux d' élevage (et donc l' absence d' une source permanente de matière organique).

Notons que la pondération des indicateurs est le fruit de la réflexion de la trentaine d' experts à l'origine du modèle. Reflet de la demande sociale actuelle, elle ne se veut en aucun cas une vérité absolue et pourra être amenée à évoluer.

Enfin, les échelles ne peuvent jamais se compenser : une excellente durabilité agro-écologique ne saurait contrebalancer une faiblesse économique. Au final, la note de durabilité est égale à la note la plus basse obtenue sur l' une des trois échelles.

 

Une méthode simple et transparente qui est avant tout une voie de progrès

L' un des intérêts majeurs de cette méthode est sa grande lisibilité pour l' agriculteur. Née de la volonté de disposer d' un outil pédagogique pour expliquer et mesurer la durabilité, la méthode IDEA repose sur des indicateurs facilement renseignés, reflétant des notions plus complexes. Le temps à consacrer à la méthode pour aboutir, à un instant donné, à la note de durabilité d' une exploitation ne dépasse pas une journée.

Mais cette note n'est en aucun cas une fin en soi. Elle doit, avant tout, orienter l' agriculteur vers des voies de progrès. Réalisée en groupe, la méthode permet d' identifier les atouts et les faiblesses de chacun. Elle donne à tous, l' occasion d' analyser les écarts de résultats entre deux systèmes et de profiter ainsi des expériences des autres membres du groupe. L'enjeu est bien ici d' évaluer pour évoluer.

 

 

LA JAILLIERE :

Déjà 10 années d' expérienceen matière d' agriculture durable

Jean-Paul GILLET

Responsable de l' exploitation de La Jaillière

L'agriculture durable n'est pas un concept flou dénué d'applications en France. Depuis plus de 10 ans, ARVALIS - Institut du végétal accumule des références techniques et économiques dans ce domaine sur l'exploitation de La Jaillière (entre Nantes et Angers).

 

Des pratiques culturales à l'épreuve depuis 1992

La station expérimentale ARVALIS - Institut du végétal à La Jaillière (Loire Atlantique) gère 212 hectares dans le cadre de deux exploitations distinctes. La première de 92 ha est dédiée à la production de bovins viande. La seconde est une exploitation mixte laitière/grandes cultures sur 120 ha dont 35 ha sont entièrement consacrés à diverses expérimentations (variétés, fongicides, impact des pratiques culturales sur la qualité de l' eau) en lien direct avec l'institut technique.

Sur ces exploitations, ARVALIS - Institut du végétal a décidé, dès 1992, de mettre en oeuvre des pratiques visant à minimiser l'impact sur l'environnement de l'activité agricole sans pour autant compromettre la rentabilité économique et le potentiel de production de l'exploitation. L'aspect social (partie pourtant intégrante de la notion d'agriculture durable) n'a pas été évalué à La Jaillière mais elle a fait l'objet d'autres études (Cf. documents et interventions de Philippe Viaux).

 

Les haies bocagères : pour conserver le caractère bocager du paysage

En 1985, 3 km de haies ont été plantés en bordure des parcelles et des chemins d' exploitation. Elles améliorent le confort des animaux au pâturage en leur servant d' abri et en leur faisant de l' ombre en été. Elles contribuent à la qualité du paysage bocager et au maintien de la biodiversité. Leur enracinement profond favorise l' infiltration de l' eau limitant ainsi le ruissellement et l' érosion.

 

La fertilisation : un levier facile à actionner et qui  permet d'économiser

La fertilisation azotée (lorsqu'elle est mal raisonnée) est généralement considérée comme une des causes principales des pollutions de la ressource en eau et, en particulier, des nappes phréatiques. L'analyse des pratiques mises en oeuvre à La Jaillière montre que la réduction des doses d'azote sur prairies et le recours systématique à des couverts végétaux durant l'interculture, permettent une réduction de 30 % des pertes d'azote.

Outre le bienfait pour l'environnement, la réduction des apports d'azote sur prairies consécutive à une meilleure répartition des déjections animales a permis d'accroître les performances économiques de l'exploitation puisque, depuis 1997, quasiment 50 unités par hectare et par an ont pu être ainsi économisées.

Les apports d' azote sur cultures sont calculés par la méthode du bilan et mis en Suvre à l' aide des outils de pilotage (Jubil®, HN-TESTER).

La mise en place des couverts végétaux n'a pas nécessité d'investissements supplémentaires. Il s'agit, en effet, de couverts générés à partir de repousses de céréales (un éparpilleur de menue pailles permet de répartir, de façon homogène, les pertes de grains à l'arrière de la moissonneuses batteuse en phase de récolte). Ensuite, un déchaumage (avec roulage) est effectué au moment opportun (le plus souvent fin août) de façon à favoriser l'installation du couvert qui est ensuite détruit environ deux mois avant l'implantation de la culture (soit vers la mi-décembre avant un pois et vers la mi-février avant un maïs).

De même, l'ajustement des doses de déjections animales et leur répartition sur une plus grande surface a permis de réduire les achats d'engrais P-K (de 40 euros/ha/an) tout en maintenant le niveau de fertilité du sol.

 

Des aménagements spécifiques pour limiter le risque de pollution directe par les produits phytosanitaires

Pour lutter contre le risque de pollution directe par les produits phytosanitaires, il a fallu investir 10 500 euros pour réaliser plusieurs aménagements :

-          Un local de stockage de produits phytosanitaires, ventilé, fermé à clef et équipé d'étagères métalliques

-          Une plateforme de remplissage du pulvérisateur équipée d'un col de cygne (pour éviter tout contact entre le tuyau d'arrivée d'eau et la bouillie) et d'un dispositif de rétention en cas de débordement

-          Une aire de stockage des déchets

-          Des bandes de terrains laissées enherbées sur une largeur de 5 à 6 mètres en bordure des fossés et des cours d'eau. Elles limitent le ruissellement des produits de traitement vers les eaux superficielles et tout risque de contamination directe lors d'un traitement.

 

 

 " Nous mettons en oeuvre l'agriculture durable et attendons une politique énergétique ambitieuse "

 

Jean-François LoiseauPrésident de la coopérative Agralys - Ligea

Agriculteur à Périgny, (41), Jean-François Loiseau exploite 140 ha en blé tendre, blé dur, colza et maïs. Il est également Président de la coopérative Agralys-Ligea qui compte 1 200 salariés et 8 000 adhérents. Installé depuis une quinzaine d' années, il nous livre sa vision de l' agriculture durable.

" C' est au Sommet de la Terre, qui s' est tenu à Rio en 1992, que le terme agriculture durable a été prononcé pour la première fois. A l' époque, nous ne savions pas encore précisément ce que recouvrait cette notion. Il était, en revanche, manifeste qu' après trois décennies d' amélioration de la productivité, l' agriculture française avait amorcé un virage dès le début des années 1990. Une véritable prise de conscience des enjeux économiques et environnementaux des activités agricoles s' était opérée. La nécessité de mieux raisonner les interventions culturales semblait alors évidente.

 

L' avancée des technologies indispensable à la mise au point d' outils

Dans la pratique, les agriculteurs manquaient de moyens opérationnels clairement établis pour maîtriser leurs intrants. Mais, leur très forte volonté de faire face à cette problématique, les a conduits, par le biais de leurs coopératives ou des différents instituts techniques, à s' approprier les premiers outils qui voyaient alors le jour. Citons par exemple l' utilisation des tensiomètres qui permettent de mesurer l' humidité du sol et de déclencher une irrigation que lorsqu'elle s' avère nécessaire. Un tel raisonnement a des répercussions positives aussi bien sur l' utilisation de la réserve en eau que sur les charges des agriculteurs. Evoquons également les premiers ajustements des apports d' engrais azotés grâce aux méthodes Ramsès et Jubil® qui s' appuient sur l' analyse de la teneur en nitrate du jus de base des tiges de blé. Ces outils permettent d' optimiser la dose d' azote nécessaire en fonction du potentiel de rendement. Ils limitent ainsi pollutions et excès de fertilisation, préjudiciables tant à l' environnement qu' à l' équilibre économique de l' exploitation.

 

Une agriculture durable anticipée par la profession dès le début des années 1990

Ce n' est que plus récemment, lorsque la définition de l' agriculture durable s'est affinée, que les agriculteurs ont réalisé q' ils avaient anticipé ce concept, pratiqué par certains depuis plus de dix ans. Ainsi, ce que nous nommions au début des années 1990, raisonnement des intrants, se trouve aujourd' hui au coeur de la mise en oeuvre de l'agriculture durable. Les premiers outils d'aide à la décision se sont affinés et permettent aujourd' hui un ajustement encore plus rigoureux de nos pratiques.

 

Une dimension sociale qui nécessite l' implication forte des politiques

Si les aspects économiques et environnementaux sont facilement appréhendés, le facteur social est certainement le plus difficile à maîtriser à l' échelle de l' exploitation. Dans l' organisation sociale des campagnes, les coopératives jouent un rôle majeur en créant de nombreux emplois, depuis le suivi technique des cultures jusqu' à la commercialisation des céréales. De plus, nous avons observé, au cours de ces trente dernières années, un transfert des emplois des exploitations vers les entreprises de transformation : meuneries, conserveries, abattoirs, usines d' aliments. Il est important de maintenir cette activité dans le monde rural, de façon à permettre aux agriculteurs de vivre sur leur territoire, ce pour le bien de toute la société. Mais à l' heure actuelle, la seule volonté de la profession ne suffira pas, une forte implication des politiques est impérative.

 

La loi d' orientation sur l' énergie déterminante pour les trois décennies qui s' annoncent

Un enjeu exceptionnel réside dans la loi d' orientation sur l' énergie actuellement discutée au Parlement. L'incorporation des biocarburants, biodiesel et bio éthanol - dans la politique énergétique de notre pays constitue véritablement une chance de dynamiser l' agriculture française tout en favorisant la mise en place d' outils industriels créateurs d'emplois, directs et indirects, en région.

S' il est vrai qu' à une époque, les finalités économiques, sociales ou environnementales de l' agriculture étaient difficilement compatibles par manque d' outils, de techniques et de connaissances, aujourd'hui des politiques ambitieuses permettront de concilier ces enjeux clés du développement durable. La loi d'orientation sur l' énergie m' apparaît être le second souffle de l' agriculture durable. Elle orientera fortement les trente prochaines années agricoles ".

 

 

 

Annexe 1 : IDEA : 3 échelles, 10 composantes, 41 indicateurs

 

DURABILITÉ AGROÉCOLOGIQUE

DIVERSITÉ

  •  Cultures annuelles
  •  Cultures pérennes
  • Production animale
  • Conservation du patrimoine génétique

ORGANISATION DE L' ESPACE

  • Assolement
  • Dimension des parcelles
  • Gestion de la matière organique
  • Zone de régulation écologique
  • Action en faveur du patrimoine
  • Chargement & gestion des surfaces fourragères

PRATIQUES AGRICOLES

  • Fertilisation
  • Traitement des effluents
  • Pesticides et produits vétérinaires
  •  Bien-être animal
  • Protection des sols
  • Gestion de la ressource en eau
  • Dépendance énergétique

 

 

DURABILITÉ SOCIO-TERRITORIALE 
 

QUALITÉ DES PRODUITS ET DU TERRITOIRE

  • Démarches de qualité
  • Valorisation du patrimoine bâti et du paysage
  • Traitement des déchets
  • Accessibilité de l' espace
  • Implication sociale

EMPLOI ET SERVICES

  • Valorisation par filières courtes
  • Services, pluriactivité
  • Contribution à l' emploi
  • Travail collectif
  • Pérennité probable

ÉTHIQUE ET DÉVELOPPEMENT HUMAIN

  • Contribution à l' équilibre alimentaire mondial
  • Formation
  • Intensité du travail
  • Qualité de la vie
  • Isolement
  •  Accueil, hygiène et sécurité

 


 

DURABILITÉ ÉCONOMIQUE

 

VIABILITÉ

  • Viabilité économique
  • Taux de spécialisation

EFFICIENCE

  •  Efficience du processus productif

INDÉPENDANCE

  • Autonomie financière
  • Sensibilité aux aides et aux quotas

TRANSMISSIBILITÉ 

  • Transmissibilité économique

 

 


Annexe 2  Le cas d' une exploitation

 

 

 

 

Cette exploitation affiche une note de durabilité agro-écologique de 54, 58 de durabilité socio-territoriale et 61 de durabilité économique. Sa note de durabilité est donc de 54.



[1]Direction générale de l' enseignement et de la recherche du Ministère de l' Agriculture

[2]Organisation des nations Unies

[3]Organisation de Coopération et de Développement Economiques

 

Xavier Gautier
ARVALIS-Institut du végétal

Port. 06 80 31 31 53
Tél. 01 44 31 10 20
E-mail :
presse@arvalisinstitutduvegetal

 

 



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