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SOMMAIRE
· L' agriculture durable
en 7 questions-réponses
· Mesurer la durabilité
des exploitations
· La
Jaillière : Déjà 10 années d' expérience en
matière d' agriculture
durable
· " Nous
mettons en oeuvre l' agriculture durable et attendons une politique énergétique
ambitieuse "
Annexes
- Annexe
1 : IDEA : 3 échelles 10 composantes 41
indicateurs
- Annexe
2 : Le cas d' une
exploitation
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L' agriculture durableen 7 questions / réponses
Gilles
Thévenet Directeur Scientifique de Arvalis - Institut du
végétal
- Qu'est-ce que l' agriculture
durable ?
L' agriculture
durable se définit comme une agriculture économiquement viable, socialement
équitable et écologiquement saine. Il s'agit de l'application agricole de la
notion de développement durable, définie en 1992 à Rio, comme " répondant
aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à
répondre à leurs propres besoins ". En d' autres termes, on retrouve la
notion de "
gestion en bon père
de famille " des baux ruraux !
A noter cependant que, si le concept se veut
universel, sa déclinaison concrète est différente entre les pays, ce qui peut
entraîner à terme des distorsions de
concurrence.
- Dans le cas d'une
exploitation, quelles réalités recouvrent ces notions économiques, écologiques
et sociales ?
D' un point de vue économique tout d' abord, le système de production doit permettre
une sécurisation des revenus face aux aléas
climatiques
et aux variations de marchés afin d'assurer un niveau de vie décent à
l' exploitant et sa famille. La dimension écologique doit s' entendre au
sens large en incluant la préservation des ressources naturelles (énergie, ressources
minières, sol& ), de la qualité de l' eau ou del' air, de la
biodiversité et des paysages. Quant àl' équité sociale, elle est certainement la
plus difficile à appréhender. Elle se réfère à des valeurs telles que la qualité
des produits, la solidarité, la citoyenneté ou la qualité de
vie.
- On entend souvent parler d'agriculture biologique, d'agriculture
de précision, d'agriculture raisonnée, existe-t-il des liens entre ces
différentes conceptions et l'agriculture durable
?
Oui, car elles résultent toutes du fait que l'on se préoccupe, de plus
en plus, de l'impact des pratiques agricoles sur l'environnement, de la
qualité sanitaire et nutritionnelle des produits sans oublier que- condition
sine qua non - l'agriculture ne
peut être "durable", en France comme ailleurs, que si elle génère un revenu
permettant aux agriculteurs de vivre au sein de leur territoire. Ainsi, à
partir des années 1990, le monde agricole a développé de nouvelles pratiques qui
constituent autant de voies possibles pour accéder à l'agriculture durable. Citons,
en effet, parmi elles l' agriculture raisonnée, l' agriculture
de précision ou l' agriculture
biologique.
- Quelles sont, par exemple, les différences entre l' agriculture
raisonnée et l'agriculture durable ?
L' agriculture raisonnée a aujourd' hui un statut officiel puisque définie dans un référentiel publié par
le Ministère de l' Agriculture. Elle repose sur un ensemble de bonnes pratiques qui visent,
notamment, à ajuster les apports d' intrants en fonction des besoins
de la culture. Elle est une des voies privilégiées offertes aux agriculteurs pour
mettre en oeuvre, à l' échelle de leur exploitation, une agriculture
durable, même si elle ne recouvre qu' une partie de la durabilité.
Cette dernière intègre, par exemple, des aspects sociaux qui ne sont pas
directement du ressort de l'agriculture
raisonnée.
- Qu' est-ce qu'un CAD ?
Succédant au contrat territorial d' exploitation
(CTE), le contrat d' agriculture durable (CAD) permet de valoriser les efforts
entrepris par les agriculteurs pour faire évoluer leur système vers la
durabilité. Signé pour une durée de cinq ans, il s'agit d'un engagement
volontaire et personnalisé qui comporte deux volets : territorial /
environnemental (obligatoire) et socio-économique (optionnel). L'exploitant a le
choix de prévoir des mesures dans les deux volets, ou de s'engager uniquement
dans le cadre du volet environnemental.
- Existe-t-il des moyens de mesurer la
durabilité ?
La méthode qui me parait la plus opérationnelle à ce
jour , - même
si elle est encore perfectible est la méthode dite IDEA (Indicateur de durabilité des exploitations agricoles).
Elle permet d' évaluer la durabilité d' une exploitation à
un instant donné en s' appuyant sur ses caractéristiques techniques, sociales et
économiques. Ces informations sont ensuite pondérées et associées
(selon des règles précises) pour aboutir à la définition d' une note
de durabilité. Cette note dévoile les forces et les faiblesses d' une
exploitation et peut orienter l' agriculteur vers des voies de progrès.
Elle permet également des comparaisons intéressantes et des échanges riches
entre agriculteurs au sein d' une même petite
région.
Née en 1998, cette méthode a été testée pendant deux ans avant de faire l' objet
d' une publication et d' une large diffusion à partir d' octobre 2000.
Sa dernière version, incluant l' arboriculture, la viticulture et le
maraîchage, date d' avril 2003 (voir autre document consacré à cette
thématique dans ce dossier de presse).
- Quels en sont les enjeux pour l'agriculture française et, en
particulier, pour la céréaliculture ?
A court terme, l' enjeu essentiel est
de rendre le concept concret et
opérationnel !C' est à ce titre que la
mise à disposition des " outils de l' agriculture durable " (aides
à la décision, indicateurs de mesure,) fait partie du programme d' activités
d' ARVALIS - Institut du végétal.
A moyen
terme, le concept
devrait permettre de donner à nos
concitoyens une image plus vraie de l'
agriculture
en leur permettant d'objectiver leur perception du
métier d' agriculteur. Savent-ils, par exemple, qu' aujourd' hui un agriculteur
français nourrit 60 personnes, alors qu'en 1960 il n'en nourrissait " que " 15 et
pour deux fois plus cher?
A long
terme, l'
enjeu de l'
agriculture durable rejoint bien sûr
celui du développement durable , à savoir,
permettre aux générations futures de disposer des mêmes ressources naturelles que
nous pour répondre à leurs besoins et donc, et on y revient pour
l'agriculteur, de gérer en bon père de
famille !...
Mesurer la durabilité des
exploitations
Philippe
Viaux - ARVALIS
- Institut du végétalIngénieur de recherche (service des Etudes Economiques)
Depuis 2000, un outil simple
est disponible pour mieux comprendre et quantifier la durabilité des
exploitations. Cette méthode, nommée IDEA (indicateur de durabilité des exploitations agricoles) permet
surtout d' identifier des voies de progrès.
Les travaux de mise au point de la méthode IDEA ont débuté en
1998 à l' initiative de la cellule agriculture durable de la DGER[1]. Cette démarche faisait suite à la conférence de Rio qui, en validant en 1992 le
concept de développement durable, recommandait aux chercheurs la mise au point d
indicateurs de durabilité. Différents organismes internationaux tels que l'
ONU[2], l' OCDE[3] , ou l' Union européenne ont alors proposé des moyens de mesure du développement
durable. Parallèlement, des outils spécifiques des activités agricoles
voyaient le jour en France& IDEA est l'un d' entre eux et reste le seul
à intégrer les trois volets de la durabilité que sont les aspects
environnementaux, sociaux et économiques.
Le concept a été développé par une trentaine d' experts d' origine
diverses tant en termes d' organismes (Inra, Cemagref, Instituts
techniques, Ministères) qu' en termes de disciplines (économie,
sociologie, agronomie ). Issue de ce travail collectif, la méthode répond à
cinq objectifs :
-
donner, aux professionnels agricoles, les moyens de s' approprier concrètement
la notion d' agriculture durable
-
permettre d' évaluer, à un moment donné, la durabilité d' une
exploitation
-
faire émerger des pistes d' amélioration de la durabilité des
exploitations
-
favoriser un dialogue autour de la notion d' agriculture durable
-
estimer les progrès réalisés.
L' actuelle méthode IDEA fait suite à
une version test proposée en 1999, largement diffusée à partir
de 2000, et récemment modifiée en avril 2003. Ces dernières améliorations ont permis
d'intégrer l' arboriculture, la viticulture et le maraîchage. Il
n' existe aujourd' hui qu' une seule méthode IDEA, qui s'
applique quel que soit le système (élevage, céréalicultures ou maraîchage sont
analysés selon les mêmes critères) donnant ainsi la possibilité de comparer
la durabilité de ces systèmes entre eux. Dans la pratique, la méthode IDEA
repose sur l' attribution d' une note, comprise entre 0 et 100, à
chacune des trois échelles suivantes :
-
durabilité agro-écologique, qui analyse la capacité d' un système à combiner les
ressources du milieu (ressources génétiques, sol, énergie& ),
- durabilité socio-territoriale, qui mesure l'insertion de l' exploitation dans
son territoire et dans la société,
-
durabilité économique, qui aide à comprendre les résultats économiques au delà
du court terme et des aléas conjoncturels.
Chacune de ces trois échelles est subdivisée en trois ou quatre composantes, regroupant
elles mêmes différents indicateurs. A titre d' exemple, l' échelle
de durabilité agro-écologique regroupe trois composantes : la
diversité des productions agricoles, l' organisation de l'
espace et les pratiques agricoles (la liste complète des échelles, de leurs
composantes et indicateurs est proposée en
annexe).
L' attribution des points de durabilité se
fait indicateur par indicateur. Elle permet de déterminer une note pour
chaque composante, conduisant pour chaque échelle- à une note de durabilité comprise
entre 0 et 100.
Il est important de noter que, pour atteindre le nombre maximum de points
de chaque composante, plusieurs combinaisons sont possibles. En effet, si
certains principes sont communs aux systèmes agricoles durables, il n' existe
pas de modèle unique. Certains indicateurs peuvent donc se compenser : des rotations
plus longues incluant des légumineuses peuvent pallier l'absence d'
animaux d' élevage (et donc l' absence d' une source permanente
de matière organique).
Notons que la pondération des indicateurs est le fruit
de la réflexion de la trentaine d' experts à l'origine du modèle. Reflet de
la demande sociale actuelle, elle ne se veut en aucun cas une vérité absolue et
pourra être amenée à évoluer.
Enfin, les échelles ne peuvent jamais se compenser :
une excellente durabilité agro-écologique ne saurait contrebalancer
une faiblesse économique. Au final, la note de durabilité est égale
à la note la plus basse obtenue sur l' une des trois
échelles.
L' un des intérêts majeurs de cette méthode est sa grande lisibilité pour
l' agriculteur. Née de la volonté de disposer d' un outil pédagogique
pour expliquer et mesurer la durabilité, la méthode IDEA repose sur des
indicateurs facilement renseignés, reflétant des notions plus complexes. Le temps
à consacrer à la méthode pour aboutir, à un instant donné, à la note de durabilité
d' une exploitation ne dépasse pas une
journée.
Mais cette note n'est en aucun cas une fin en soi. Elle doit, avant tout, orienter
l' agriculteur vers des voies de progrès. Réalisée en groupe, la
méthode permet d' identifier les atouts et les faiblesses de chacun. Elle
donne à tous, l' occasion d' analyser les écarts de résultats entre
deux systèmes et de profiter ainsi des expériences des autres membres du groupe.
L'enjeu est bien ici d' évaluer pour évoluer.
LA JAILLIERE :
Déjà 10 années d' expérienceen matière d' agriculture
durable
Jean-Paul GILLET
Responsable de l' exploitation de La
Jaillière
L'agriculture durable n'est pas un concept flou dénué
d'applications en France. Depuis plus de 10 ans, ARVALIS - Institut du végétal
accumule des références techniques et économiques dans ce domaine sur
l'exploitation de La Jaillière (entre Nantes et
Angers).
Des pratiques culturales à l'épreuve depuis
1992
La station expérimentale ARVALIS - Institut du végétal
à La Jaillière (Loire Atlantique) gère 212 hectares dans le cadre de deux
exploitations distinctes. La première de 92 ha est dédiée à la production de
bovins viande. La seconde est une exploitation mixte laitière/grandes cultures
sur 120 ha dont 35 ha sont entièrement consacrés à diverses expérimentations
(variétés, fongicides, impact des pratiques culturales sur la qualité
de l' eau) en lien direct avec l'institut
technique.
Sur ces exploitations, ARVALIS - Institut du végétal
a décidé, dès 1992, de mettre en oeuvre des pratiques visant à minimiser l'impact
sur l'environnement de l'activité agricole sans pour autant compromettre la
rentabilité économique et le potentiel de production de l'exploitation. L'aspect
social (partie pourtant intégrante de la notion d'agriculture durable) n'a pas
été évalué à La Jaillière mais elle a fait l'objet d'autres études (Cf.
documents et interventions de Philippe Viaux).
Les haies bocagères : pour conserver le caractère bocager du
paysage
En 1985, 3 km de haies ont été plantés en bordure des parcelles et des chemins d' exploitation.
Elles améliorent le confort des animaux au pâturage en leur servant
d' abri et en leur faisant de l' ombre en été. Elles contribuent à la
qualité du paysage bocager et au maintien de la biodiversité. Leur enracinement profond
favorise l' infiltration de l' eau limitant ainsi le ruissellement
et l' érosion.
La fertilisation : un levier facile à actionner et qui permet
d'économiser
La fertilisation azotée (lorsqu'elle est mal
raisonnée) est généralement considérée comme une des causes principales des
pollutions de la ressource en eau et, en particulier, des nappes phréatiques.
L'analyse des pratiques mises en oeuvre à La Jaillière montre que la réduction
des doses d'azote sur prairies et le recours systématique à des couverts
végétaux durant l'interculture, permettent une réduction de 30 % des pertes
d'azote.
Outre le bienfait pour l'environnement, la réduction
des apports d'azote sur prairies consécutive à une meilleure répartition des
déjections animales a permis d'accroître les performances économiques de
l'exploitation puisque, depuis 1997, quasiment 50 unités par hectare et par an
ont pu être ainsi économisées.
Les apports d' azote sur cultures sont calculés par la méthode
du bilan et mis en Suvre à l' aide des outils de pilotage (Jubil®,
HN-TESTER).
La mise en place des couverts végétaux n'a pas
nécessité d'investissements supplémentaires. Il s'agit, en effet, de couverts
générés à partir de repousses de céréales (un éparpilleur de menue pailles
permet de répartir, de façon homogène, les pertes de grains à l'arrière de la
moissonneuses batteuse en phase de récolte). Ensuite, un déchaumage (avec
roulage) est effectué au moment opportun (le plus souvent fin août) de façon à
favoriser l'installation du couvert qui est ensuite détruit environ deux mois
avant l'implantation de la culture (soit vers la mi-décembre avant un pois et
vers la mi-février avant un maïs).
De même, l'ajustement des doses de déjections
animales et leur répartition sur une plus grande surface a permis de réduire les
achats d'engrais P-K (de 40 euros/ha/an) tout en maintenant le niveau de
fertilité du sol.
Des aménagements spécifiques pour limiter le risque de pollution
directe par les produits phytosanitaires
Pour lutter contre le risque de pollution directe par
les produits phytosanitaires, il a fallu investir 10 500 euros pour réaliser
plusieurs aménagements :
- Un
local de stockage de produits phytosanitaires, ventilé, fermé à clef et équipé
d'étagères métalliques
- Une
plateforme de remplissage du pulvérisateur équipée d'un col de cygne (pour
éviter tout contact entre le tuyau d'arrivée d'eau et la bouillie) et d'un
dispositif de rétention en cas de débordement
- Une
aire de stockage des déchets
- Des
bandes de terrains laissées enherbées sur une largeur de 5 à 6 mètres en bordure
des fossés et des cours d'eau. Elles limitent le ruissellement des produits de
traitement vers les eaux superficielles et tout risque de contamination directe
lors d'un traitement.
" Nous
mettons en oeuvre l'agriculture durable et attendons une politique énergétique
ambitieuse "
Jean-François LoiseauPrésident de la coopérative Agralys -
Ligea
Agriculteur à
Périgny, (41), Jean-François Loiseau exploite 140 ha en blé tendre, blé dur,
colza et maïs. Il est également Président de la coopérative Agralys-Ligea qui
compte 1 200 salariés et 8 000 adhérents. Installé depuis une quinzaine d'
années, il nous livre sa vision de l' agriculture durable.
" C' est au Sommet de la Terre, qui s' est tenu à Rio en 1992, que le terme agriculture durable
a été prononcé pour la première fois. A l' époque, nous ne savions
pas encore précisément ce que recouvrait cette notion. Il était, en revanche,
manifeste qu' après trois décennies d' amélioration de la productivité, l'
agriculture française avait amorcé un virage dès le début des années
1990. Une véritable prise de conscience des enjeux économiques et environnementaux
des activités agricoles s' était opérée. La nécessité de mieux
raisonner les interventions culturales semblait alors
évidente.
L' avancée des technologies indispensable à la mise au point d'
outils
Dans la pratique, les agriculteurs manquaient de
moyens opérationnels clairement établis pour maîtriser leurs intrants. Mais, leur très forte volonté de faire
face à cette problématique, les a conduits, par le biais
de leurs coopératives ou des différents instituts techniques, à s' approprier les premiers outils
qui voyaient alors le jour. Citons par exemple l' utilisation des
tensiomètres qui permettent de mesurer l' humidité du sol et de déclencher
une irrigation que lorsqu'elle s' avère nécessaire. Un tel raisonnement a des
répercussions positives aussi bien sur l' utilisation de la réserve
en eau que sur les charges des agriculteurs. Evoquons également les premiers
ajustements des apports d' engrais azotés grâce aux méthodes Ramsès
et Jubil® qui s' appuient sur l' analyse de la teneur en
nitrate du jus de base des tiges de blé. Ces outils permettent d' optimiser la dose
d' azote nécessaire en fonction du potentiel de rendement. Ils
limitent ainsi pollutions et excès de fertilisation, préjudiciables tant à l'
environnement qu' à l' équilibre économique de l'
exploitation.
Une agriculture durable anticipée par la profession dès le début
des années 1990
Ce n' est que plus
récemment, lorsque la définition de l' agriculture durable s'est
affinée, que les agriculteurs ont réalisé q' ils avaient anticipé
ce concept, pratiqué par certains depuis plus de dix ans. Ainsi, ce
que nous nommions au début des années 1990, raisonnement des intrants, se trouve
aujourd' hui au coeur de la mise en oeuvre de l'agriculture durable. Les premiers
outils d'aide à la décision se sont affinés et permettent aujourd' hui
un ajustement encore plus rigoureux de nos
pratiques.
Si les aspects économiques et environnementaux sont facilement appréhendés, le facteur social
est certainement le plus difficile à maîtriser à l' échelle de l'
exploitation. Dans l' organisation sociale des campagnes, les coopératives
jouent un rôle majeur en créant de nombreux emplois, depuis le suivi
technique des cultures jusqu' à la commercialisation des céréales. De plus,
nous avons observé, au cours de ces trente dernières années, un transfert des
emplois des exploitations vers les entreprises de transformation : meuneries, conserveries,
abattoirs, usines d' aliments. Il est important de maintenir cette activité
dans le monde rural, de façon à permettre aux agriculteurs de vivre sur leur
territoire, ce pour le bien de toute la société. Mais à l' heure actuelle,
la seule volonté de la profession ne suffira pas, une forte implication des
politiques est impérative.
La loi d' orientation sur l' énergie déterminante pour les trois décennies
qui s' annoncent
Un enjeu exceptionnel réside dans la loi d' orientation sur
l' énergie actuellement discutée au Parlement. L'incorporation des
biocarburants, biodiesel et bio éthanol - dans la politique énergétique de notre pays
constitue véritablement une chance de dynamiser l' agriculture française
tout en favorisant la mise en place d' outils industriels créateurs
d'emplois, directs et indirects, en région.
S' il est vrai qu' à une
époque, les finalités économiques, sociales ou environnementales de
l' agriculture étaient difficilement compatibles par manque
d' outils, de techniques et de connaissances, aujourd'hui des
politiques ambitieuses permettront de concilier ces enjeux clés
du développement durable. La loi d'orientation sur l' énergie m' apparaît
être le second souffle de l' agriculture durable. Elle orientera
fortement les trente prochaines années agricoles ".
Annexe 1 : IDEA : 3
échelles, 10 composantes, 41 indicateurs
DURABILITÉ
AGROÉCOLOGIQUE
|
DIVERSITÉ
|
ORGANISATION
DE L' ESPACE
-
Assolement
-
Dimension des
parcelles
-
Gestion de la matière
organique
-
Zone de régulation
écologique
-
Action en faveur du
patrimoine
-
Chargement & gestion
des surfaces fourragères |
PRATIQUES
AGRICOLES
|
DURABILITÉ
SOCIO-TERRITORIALE
|
QUALITÉ
DES PRODUITS ET DU TERRITOIRE
|
EMPLOI ET
SERVICES
|
ÉTHIQUE ET
DÉVELOPPEMENT HUMAIN
|
DURABILITÉ
ÉCONOMIQUE
|
VIABILITÉ
- Viabilité économique
-
Taux de
spécialisation |
EFFICIENCE
|
INDÉPENDANCE
|
TRANSMISSIBILITÉ
|
Annexe 2 Le cas d' une exploitation

Cette exploitation affiche une note de durabilité agro-écologique
de 54, 58 de durabilité socio-territoriale et 61 de durabilité économique. Sa note de durabilité est donc de 54.
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