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Dossier de presse
Thèmes Cultures Date de publication Fiche détail

Maladies / Fongicides


Toutes céréales


05/11/2004


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PROTECTION FONGICIDE DES CEREALES A PAILLE : campagne 2004

SOMMAIRE

  • Septoria tritici  : les souches résistantes progressent  mais le contrôle est resté efficace en 2004

 

  • Orges : encore des grillures                                                           

 

  • Maladies sur blés : 2004, une année sans histoire

 

  • Le point sur les nouveautés fongicides

 

  •  Où en sommes nous dans les mélanges ?    

 

                                        Annexes

1.       Cartes des risques de résistance à Septoria tritici

2.       Liste des  mélanges ayant fait l' objet d' une autorisation et susceptibles de contribuer au        maintien de bonnes efficacités en situation de résistance de S.tritici aux strobilurines

3.       Valoriser la tolérance variétale

4.       Résumé des efficacités par maladie des principaux fongicides et associations utilisables sur blé

5.       Organismes partenaires du réseau " performance " 2004

6.       Crypto-LIS : un service internet pour aider à choisir les fongicides pour protéger le blé tendre                                                                                                           

 

Septoria tritici : les souches résistantes progressent  mais le contrôle est resté efficace en 2004

 

Tout le monde en parle, le développement de la résistance à Septoria tritici aux strobilurines se confirme, en particulier dans le Nord du pays, à l' instar de ce qui a été observé chez nos  voisins anglais. L' enjeu pour le futur est d' anticiper et de gérer la protection des cultures de blé tendre en tenant compte de chaque situation. Globalement, la part de strobilurine devra décroître,  leur utilisation en produit seul reste à proscrire et le nombre d' applications ne devra pas dépasser deux. La lutte sera encore plus " technique " pour adopter les stratégies les plus  efficaces et les plus rentables.

 

Le Nord très concerné, le Sud encore épargné

Malgré le développement de la résistance, la septoriose est restée sous contrôle en 2004. Le potentiel d'infestation était élevé fin avril, mais grâce à une période relativement sèche en mai (excepté dans le Sud) la pression de la maladie est restée modérée. Les observatoires mis en place par le réseau " Performance " ont permis de multiples analyses sur plus de 150 échantillons (voir annexe). Ils confirment que la résistance a progressé sur le territoire. Les risques sont donc bien là et la plus grande vigilance sera de mise en 2005.

 En terme de répartition (voir annexe), la septoriose a été plus présente dans la partie la plus au nord de la France (Picardie, Nord Pas de Calais, Normandie) avec des variations, fonction de l' abondance des pluies de début mai. Les montées tardives en fin de montaison n' ont cependant pas été négligeables en terme de préjudice sur le rendement.

Dans le sud et d' une manière beaucoup plus inhabituelle, les mois d' avril et mai ont été très arrosés par rapport aux moyennes. En conséquence la septoriose a été particulièrement présente et remarquée.

 

Septoria tritici est-il un champignon sédentaire ?

Le développement de souches résistantes aux strobilurines soulève des questions qui font appel à des connaissances précises sur l' épidémiologie de la maladie.

  • Diffusion par les pycnidiospores

Les pycnidiospores sont, au printemps, le moteur de l' évolution de l' épidémie.

Elles sont formées dans les organes de fructification asexués, les pycnides, édifiés dans les parties nécrosées des feuilles. A la faveur de l' humidité ambiante, les pycnides se resserrent et les spores sont expulsées sous forme d' une gelée sporifère appelée : " cirrhe ". Cet enrobage mucilagineux les protège des conditions climatiques défavorables mais les alourdit considérablement et ne leur permet pas d' être transportés en suspension dans l' air. Ce sont les éclaboussures provoquées par les impacts des gouttes de pluies qui les projetteront vers les étages foliaires supérieurs du blé. Leur possibilité de dispersion reste donc limitée. On pourrait être tenté de conclure que les risques de dispersion des résistances sont faibles ! Faux ! C' est sans compter sur le rôle de propagation de la forme ascosporée.

 

Diffusion par les ascospores

Les ascospores issues de la reproduction sexuée, provenant des périthèces qui se sont formés sur les résidus de récolte, sont véhiculées dans l' air dès l' automne. Elles sont la principale source d' inoculum primaire, ce qui explique la répartition homogène des symptômes observés dès la fin de l' automne et pendant l' hiver sur les cultures de blé. Par ailleurs, des publications récentes démontrent que cette phase de dispersion par ascospores peut également intervenir au printemps et qu' elle pourrait contribuer de façon significative à l'évolution de l' épidémie. Potentiellement les ascospores peuvent être véhiculées par le vent sur de longues distances (certains avancent jusqu' à 100 km). Les résistances peuvent donc elles aussi être dispersées par le vent. En conséquence, on pourra rencontrer des résistances partout, quel que soit l' historique d' emploi des strobilurines, y compris dans des parcelles de l' agriculture biologique.

 

 

Les points clés de l' année 2004

·       La fréquence des résistances aux strobilurines a progressé en 2004 sur l'ensemble du territoire pour atteindre des niveaux élevés au nord d' un axe Nantes - Dijon et pouvant atteindre localement jusqu' à 100% au Nord de Paris. Le sud de la France est semble-t-il épargné.

·       La situation de fin de saison préfigure la situation au printemps 2005.

·       Seules ou associées, les strobilurines exercent une pression de sélection, pression en tendance supérieure quand elles sont utilisées seules.

·       La fréquence de souche de Septoria tritici résistantes aux strobilurines n'a pas conduit à des échecs majeurs en culture en 2004.

·        L'érosion de la performance des strobilurines seules ou associées est cependant nettement perceptible en essai et invite en 2005 pour les situations concernées par la résistance, à renforcer la dose de triazole, quitte à baisser la dose de strobilurine pour maintenir le coût de la protection à un niveau raisonnable.

·       La hiérarchie établie entre les triazoles a été confirmée et souligne l' intérêt de l'époxiconazole.

·       OGAM obtient des résultats surprenants et inférieurs à ceux obtenus avec certaines références comme OPUS ou SPHERE.

·       Le chlorothalonil sera d'autant mieux valorisé que le positionnement du traitement est préventif.

 

 

Il ne faut pas compter sur l' effet physiologique des strobilurines

Des essais ont pu mettre en évidence que l' application de strobilurine pouvait avoir un léger effet positif sur le rendement même en l' absence de maladie : sur le plan physiologique le phénomène se manifeste par un maintien " vert " prolongé qui favoriserait donc la photosynthèse. Certains fournisseurs mettent en avant ces résultats obtenus en laboratoire et même au champ. Pour ARVALIS - Institut du végétal , non seulement ce raisonnement n'est pas assuré économiquement  mais dans le contexte de progression actuel de la résistance, il exposerait dangereusement les cultures et à terme le revenu des agriculteurs.

 

Préconisations d' ARVALIS pour 2005

Il faut d' abord ne pas perdre de vue qu' il existe entre les variétés des différences de sensibilité variétale à Septoria tritici et que d' une manière générale le contrôle des maladies est d' autant plus difficile que les pressions parasitaires sont fortes (voir annexe).

Il faut ensuite renoncer aux utilisations des strobilurines seules et ne pas les appliquer plus de deux fois la même saison sur la même parcelle.

Pour ARVALIS - Institut du végétal, les régions où la fréquence de la résistance dépasse 30% en fin de saison après traitement, soit grossièrement les régions situées au nord d' un axe Nantes/Dijon, devront faire l' objet d'une attention particulière. Au sud de cette ligne la résistance a été peu ou pas détectée en 2004 ; les recommandations seront peu affectées.

En fonction de ce découpage les programmes de traitement vont donc varier. On jouera sur l' équilibre triazole strobilurine, en augmentant d' autant plus la dose de triazole que la situation en terme de résistance est généralisée, jusqu' à l' extrême  envisager de s' en passer.

Pour être encore plus concret et à titre de " repère ", là où l' on utilisait  0.5 l/ha d' OPERA pour lutter contre la septoriose, on préfèrera pour les régions les plus touchées par la résistance (au Nord de l' axe Nantes-Dijon), un mélange OPERA 0.3 + OPUS 0.3, soit 40g de pyraclostrobine + 53g d' époxiconazole pour 29 euros. On pourra nuancer cet équilibre pour les situations les plus extrêmes au plan de la résistance en favorisant encore d' avantage la dose de triazole.

Pour les régions peu ou pas concernées par la résistance (au sud de l' axe Nantes-Dijon), on pourra proposer OPERA 0.3 + OPUS 0.2 (soit 24 euros et 40 g de pyraclostrobine + 40 g d'époxiconazole) ou encore plus simplement OPERA 0.5 si la septoriose n' est pas la cible principale.

 

Septoria tritici

Les ascospores issues de la reproduction sexuée, qui se sont formés sur les résidus de récolte, sont véhiculées dans l' air dèsl' automne. Les résistances peuvent donc elles aussi être dispersées par le vent

 

 

Orges : encore des grillures

Cette année encore, et pour la troisième année consécutive, les phénomènes de grillure sur orge ont été particulièrement sévères, précipitant la sénescence des deux feuilles supérieures et affectant le remplissage des grains. La principale cause serait d' origine physiologique, mais la présence remarquée de certains champignons pathogènes opportunistes pourrait bien aggraver la situation. Esterel qui est parmi les variétés " phare " du moment est particulièrement sensible. Dommage que la filière brassicole n' offre actuellement pas plus d' alternative variétale. Heureusement les solutions de protection existent.

 

Leçon de chose

En 2004, les grillures sur orge sont apparues dès la mi mai dans les régions Sud et tout début juin dans le Nord, à la faveur d' épisodes pluvieux. Bien que les causes restent imprécises, des pistes nous conduisent vers les explications suivantes :

-          un excès de rayonnement est susceptible d' induire des phénomènes d' oxydation qui aboutissent à une altération cellulaire létale. Ce type de réaction s' apparente à celle provoquée par certains champignons pathogènes,

-          les symptômes sont associés à la présence massive de pollen germé sur les feuilles supérieures. Avant la floraison des orges ou en présence de pollen non germé on n' observe pas de symptôme,

-          il semble que la présence d' humidité soit nécessaire à l' expression des symptômes,

-          de nombreux champignons saprophytes sont associés à ces grillures, dont différentes espèces d' Altenaria ,

-          il existe des différences de comportement variétal : Esterel fait partie des plus sensibles, Vanessa est beaucoup plus tolérante et certaines variétés sont indemnes,

-          les fongicides sont susceptibles de réduire l' importance du phénomène.

 

Une nuisibilité qui va jusqu' à 20 quintaux de perte

Nous avons remarqué depuis plusieurs années que certains fongicides pouvaient diminuer significativement l' importance des symptômes de grillure. Les écarts de rendement entre parcelles traitées et témoin peuvent en effet atteindre 20 q/ha. Les observations réalisées en 2004 viennent consolider les résultats obtenus en 2003. Il apparaît que les programmes à base de prothioconazole[1] donnent d' excellents résultats. Parmi les produits sur le marché, le cyprodinil fait partie des produits ayant une activité, comme semble-t-il le chlorothalonil. La spécialité CITADELLE qui en contient, utilisée dans nos essais en association avec Acanto, bien qu' offrant de bons résultats sur les grillures reste malgré tout assez nettement en retrait sur les autres maladies. Cela rend son utilisation difficile en pratique. On peut noter à l' opposé que la spécialité COMET FLY n' a pas d' efficacité, ce qui est probablement lié à la présence de fenpropimorhe dans sa composition.


[1]Le prothioconazole esr une molécule de la famille des inhibiteurs de la biosynthèse des stérols en cours de développement par la société Bayer Crop Sciences 

 

Grillures

Les grillures, en induisant une sénescence prématurée du feuillage affectent le remplissage du grain et peut provoquer des pertes pouvant s' élever à plus de 20 quintaux.

 

 

Symptômes de grillure (%) et rendement (q/ha)
1 essai - Bernienville 2004

 

 

 

Maladies sur blés : 2004, une année sans histoire

Bien que plus présentes que l' année dernière, les maladies ont fait somme toute des dégâts modérés en culture cette année. Les rouilles jaune et brune ont été particulièrement discrètes. La septoriose après s' être installée sur feuilles basses n' a pas poursuivi sa progression. Côté piétin verse seules quelques rares situations ont connu un développement tardif mais parfois accompagné de verse. Sur épi, les fusarioses ont été moins présentes qu' en 2003 et se sont exprimées sur une minorité de parcelles à risque. Quant à l' oïdium, on a pu assister à son retour parfois très tôt en saison et jusque sur épi. Mais là encore, seules certaines variétés, sur certains secteurs sont concernées.

En pratique le contrôle des maladies n' a pas été plus difficile que les années précédentes. Les inquiétudes générées par le développement de la résistance de S. tritici ou encore de l' oïdium, ont été surmontées sans grosse difficulté et les utilisateurs ont très vite intégré cette nouvelle donne. On a en effet un peu plus traité que l' année dernière (très sèche), avec un peu moins de strobilurines et un peu plus de triazoles. Quant au chlorothalonil, on peut dire qu' il a aussi été pris en compte même si son utilisation reste encore limitée.

 

Fusariose des épis : apprendre à gérer le risque

2004 n' a pas été une année à problème. Bien que présente, les attaques étaient sans gravité et plutôt localisée dans les situations à risque agronomique élevé. La gestion du risque débute dès le semis : la combinaison " précédent sensible en technique culturale simplifiée/variété sensible" est peu recommandable.

Sensibilité des variétés à la fusariose des épis

Ce classement est basé sur la note publiée par le GEVES. Il est complété par des observations  issues d'essais réalisés en 2003, année à forte pression fusariose, soit sur des essais spécifiques (soit précédent sorgho, soit sur cannes de maïs), soit en contamination artificielle de Fusarium culmorum et graminearum, avec brumisation ou arrosage pendant toute la période de floraison.

La résistance à la fusariose des épis est difficile à apprécier. Le GEVES, après les 2 années d'études conduites pour l'inscription des variétés publie des notes avec la mention à confirmer.

ARVALIS - Institut du végétal  en réalisant des essais de post inscription peut préciser le com-portement de certaines variétés.

Apache, Trémie, Charger, Royssac sont des variétés bien positionnés, elles sont mentionnées en gras sur le tableau.

Pour certaines variétés, signalées par une asté-risque, les observations de post-inscription ne con-firmant pas les observations initiales : les notes ont été modifiées.

Attention le lien n'est pas total entre résistance aux symptômes sur épis des fusarioses et risque mycotoxines.

 

La fusariose des épis est également un sujet de la plus haute importance compte tenu des liens qu' elle peut avoir avec la qualité sanitaire des grains. L' actualité du moment qu' il faut noter est le projet de réglementation européenne sur les mycotoxines. Ce projet vient de subir des évolutions à Bruxelles. Il ne porte que sur l' alimentation humaine et concerne le déoxynivalénol (DON), la zéaralénone et les fumonisines (B1 et B2) ; il est encore en discussion et pourrait voir le jour en 2006.

 

 

Le point sur les nouveautés fongicides

Les méandres du processus d' homologation sont encombrés : conséquence, une année de retard supplémentaire dans les projets& 2004 sera comme 2003 une année de transition avec en perspectives de nouvelles molécules mais pour une commercialisation 2006 voire 2007. Néanmoins, 2 nouvelles formulations pourraient peut-être franchir l' homologation en fin d' année, et éventuellement être commercialisées au printemps 2005 ou plus sûrement en 2006.

 

M 4715

SYNGENTA

Composition : cyproconazole 160 g/l + propiconazole 250 g

Dose d'AMM demandée : 0.5 l/ha blé : oïdium, septoriose, rouilles

Autorisation attendue décembre 2004 ou février 2005

Avis ARVALIS - Institut du végétal :

La spécialité a été conçue pour proposer une alternative à OPUS en mélange avec des strobilurines. Les premiers résultats ont montré que si l' on raisonne correctement les équivalences de doses, l' objectif est réaliste. En première approximation et dans les conditions de l' année, nous validons les équivalences 0.3 OPUS / FB0402 0.25 et OPUS 0.5 / FB0402 0.35 proposée par SYNGENTA sur septoriose même si notre préférence va vers OPUS. Reste à raisonner le prix de la même manière.

 

 

M 7710

SYNGENTA

Composition : cyproconazole 80 g/l + azoxystrobine 200 g/l

Dose d'AMM demandée : 1 l/ha blé et orge, oïdium, septorioses, rouilles et fusarioses sur épis.

Autorisation attendue début 2005, et ne serait pas commercialisée en 2005.

Avis ARVALIS - Institut du végétal :

Cette association de strobilurine + triazole vise les principales maladies foliaires du blé et de l' orge. Cette spécialité vient compléter la gamme des spécialités à base d' azoxystrobine en lui associant du cyproconazole. Sur septoriose du blé, M7710 donne des résultats assez nettement en retrait par rapport aux références OGAM ou SPHERE. Sur rouille brune du blé, cette spécialité est comparable à un ensemble de produits - OGAM, SPHERE - ou d' associations comme AMISTAR + OPUS ou ACANTO + OPUS. Elle est toutefois, comme les autres références, moins efficace que les spécialités DENSITY et OPERA. Sur orge, cette association nous semble assez nettement en retrait par rapport aux références et trouvera donc davantage sa place sur blé.

 

Et les nouveaux projets !

ARVALIS -Institut du végétal a pour mission d' évaluer les nouvelles spécialités. En 2004, les travaux ont porté notamment sur la métrafénone, le prothioconazole et la dimoxystrobine. Ces molécules annoncées en 2005 ne seront vraisemblablement pas commercialisées avant le printemps 2006 voire 2007. Profil succinct de ces nouvelles matières actives.

La métrafénone

Codée MI001 ou BAS560F développée par BASF, elle est efficace sur oïdium et piétin verse. En fonction de nos résultats, son activité sur oïdium serait proche, sans être équivalente, de celle d'une association triazole + morpholine (de type ALTO + GARDIAN). Son activité sur piétin verse est intéressante mais irrégulière. Les niveaux d' efficacité obtenus restent en moyenne inférieurs à ceux de la référence UNIX.

La dimoxystrobine

C' est une nouvelle molécule de la famille des strobilurines. Elle agit sur la respiration et bloque le champignon principalement au cours de la phase de germination. Elle est associée à l' époxiconazole et est distribuée en Angleterre sous le nom de ENSIGN depuis 2 ans. Elle est présentée par BASF comme un produit de T3, actif sur les fusarioses. A l'instar des strobilurines, cette molécule est très efficace contre Microdochium nivale, mais aussi contre F. roseum, c' est ce qui la distingue. Les niveaux d' efficacité observés sont approximativement ceux obtenus avec les meilleures références sur les 2 parasites. Son impact reste à valider vis-à-vis de la qualité sanitaire.

Le prothioconazole

Comme les triazoles, cette molécule est  de la famille des inhibiteurs de la biosynthèse des stérols. Son spectre très large en fait une molécule polyvalente utilisable sur les maladies du pied, des feuilles comme sur les maladies de l' épi. Son activité sur piétin verse est proche voire un peu supérieure à celle de l' UNIX. Sur épi les résultats sur Fusarium roseum sont comparables sinon supérieurs à ceux obtenus avec le tébuconazole. Sur Microdochium nivale , les résultats sont excellents et proches de ceux obtenus avec les strobilurines. Sur septoriose, l' efficacité du JAU est proche de l'OPUS. Sur orge, les résultats sont excellents en particulier sur rhynchosporiose mais aussi sur grillures. La rouille brune est son seul point faible. La molécule, commercialisée en Allemagne et en Angleterre sous le nom de PROLINE, sera développée en France uniquement en association avec d' autres matières actives, dont le tébuconazole, la spiroxamine, la trifloxystrobine et la fluoxastrobine (nouvelle molécule de la famille des strobilurines, connue sous son nom de code HEC).

 

 

Où en sommes nous dans les mélanges ?

Depuis octobre 2003, quelques 25000 dépôts de dossiers mélanges complémentaires ont été instruits par ARVALIS - Institut du végétal et soumis au comité d' homologation (ce qui porte le total à  plus de 50 000 mélanges).

Pour ce qui concerne les fongicides sur céréales, en juillet dernier, plus de 8700 mélanges fongicides foliaires ont fait l' objet d' une demande d' autorisation. Le nombre de mélanges ayant été jugé " recevable avec autorisation provisoire " est maintenant suffisamment large pour disposer dans presque tous les cas de solutions adaptées, surtout si l' on y ajoute que récemment de nouvelles possibilités, comme OPUS + OPERA, viennent d' être autorisées. Voilà qui devrait faciliter la conception des programmes fongicides. Néanmoins des listes complémentaires sont encore en cours d' élaboration.

 

Etat des dossiers déposés en juillet 2004

Protéagineux

170 (fongicide/fongicide, herbicide/herbicide)

 

Pomme de terre

plus de 280 (fongicide/fongicide, herbicide/herbicide
et fongicide/défanant)

 

Céréales

Plus de 8 700 fongicide/fongicide

Plus de 34 000 herbicide/herbicide

Plus de 100 traitements de semences

 

Maïs et maïs doux

Plus de 6500 herbicide/herbicide

 

 

 

Soit un total de plus de 50 000 mélanges

 

Les mélanges autorisés sont accessibles sur le site Internet d'ARVALIS - Institut du végétal au fur et à mesure de leurs évaluations :

http://www.arvalisinstitutduvegetal.fr/fr/melanges.asp

 

 

 

Annexe 1

Cartes des risques de résistance à Septoria tritici  

  • Estimation de la fréquence (en %) de la résistance sur les essais du réseau " performance " ARVALIS - Institut du végétal et partenaires (analyse INRA Versailles, juin 2004)

 

Le développement de la résistance à Septoria tritici se confirme, en particulier dans le Nord du pays

 

 

 

  • Effet d' un traitement strobilurine sur la fréquence (en %) de résistance sur les principales régions céréalières (analyses INRA Versailles et échantillonnage dans le cadre du réseau " performance " ARVALIS - Institut du végétal et partenaires, juin 2004)

 

La situation après traitement, en fin de saison (carte de droite) préfigure la situation au printemps 2005

 

Annexe 2

Liste des  mélanges1 ayant fait l'objet d' une autorisation et susceptibles de contribuer au maintien de bonnes efficacités en situation de résistance de S.tritici aux QoI 2

  • Ogam + Opus    (époxiconazole + krésoxim-méthyl) + époxiconazole
  • Ogam + Opus team (époxiconazole + krésoxim-méthyl + époxiconazole + fenpropimorphe)
  • Ogam 3D + Opus  (époxiconazole + krésoxim-méthyl + fenpropimorphe) + époxiconazole
  • Opéra + Opus   (époxiconazole + pyraclostrobine) + époxiconazole
  • Opéra + Opus team   (époxiconazole + pyraclostrobine) + (époxiconazole + fenpropimorphe)
  • Comet + Opus (pyraclostrobine +époxiconazole)
  • Diamant + Opus   (époxiconazole + pyraclostrobine + fenpropimorphe) + époxiconazole
  • Density + Opus   (époxiconazole + krésoxim-méthyl + pyraclostrobine) + époxiconazole
  • Density + Opus team   (époxiconazole + krésoxim-méthyl + pyraclostrobine) + (époxiconazole + fenpropimorphe)
  • Acanto Dos + chlorothalonil (picoxystrobine + hexaconazole + chlorothalonil)
  • Sphère + chlorothalonil (trifloxystrobine + cyproconazole + chlorothalonil)
  • Amistar + Citadelle (azoxystrobine + cyproconazole + chlorothalonil)
  • Acanto + Citadelle (picoxystrobine + cyproconazole + chlorothalonil
  • Acanto + Opus (picoxystrobine + époxiconazo
  • Amistar + Opus (azoxystrobine + époxiconazo
  • Rombus + Opus (trifloxystrobine + propiconazole + époxiconazole).

1 Certains des produits commerciaux cités possèdent d' autres noms de marque qui disposent des mêmes autorisation en mélanges : pour plus de précision consulter le site Internet d'ARVALIS-Institut du végétal

2 QoI : ubiQuinone outside Inhibitors

 

Annexe 3

Valoriser la tolérance variétale à Septoria tritici !

Plus la pression de maladie est importante et plus les efficacités des produits ou des programmes de traitement sont faibles. Cultiver des variétés sensibles dans un contexte de développement de résistance, c' est s' exposer à un risque plus important. Pour construire son programme de protection, tenir compte de la sensibilité des variétés à Septoria tritici, c' est aussi se donner plus de chance de faire les choix les plus adaptés. Nous publions pour la première fois cette année, une seule et unique échelle de sensibilité des principales variétés cultivées à Septoria tritici. Cette échelle tient compte et corrige les effets d' éventuelles interactions entre la précocité des variétés et leur sensibilité. Les variétés tardives et les variétés précoces y sont évaluées de manière équitable. Notez que ces niveaux de sensibilité ou de résistance sont susceptibles d'évoluer dans le temps comme c' est le cas pour d' autres maladies

Comportement des variétés vis à vis des maladies observées en 2004 vis-à-vis de la Septoriose 

La septoriose est la maladie foliaire du blé la plus fréquente et qui surtout peut être à l'origine de pertes de rendement importantes.

Parmi les plus sensibles on retrouve d'anciennes variétés comme Trémie ou Shango, mais aussi des variétés inscrites plus récemment comme Royssac ou Acienda. On peut noter le bon comportement d'une ancienne variété, Cezanne, dont la tolérance vis à vis de la septoriose semble se maintenir à un bon niveau. Au contraire PR22R28 apparaît moins tolérante que les années précédentes (à confirmer). Enfin parmi les nouveautés présentant une bonne tolérance, on peut citer Hysun, Ressor et dans une moindre mesure Mendel, Astuce et Toisondor.

Source : 28 essais ARVALIS - Institut du végétal France entière

 

Annexe 4

Résumé des efficacités par maladie des principaux fongicides et associations utilisables sur blé

 

 

Septoriose

Septoriose

résistante au QoI

Oïdium

Rouille Brune

Rouille Jaune

Helminthos-poriose

 

 

 

 

 

 

 

OPUS 1

+++

+++

+

+++

++

+

OGAM 1

+++(+)

++(+)

+

+++

+++

++

OGAM 3D

+++(+)

++(+)

+

+++

+++

++

 

 

 

 

 

 

 

DIAMANT 1.75

++++

+++(+)

+(+)

++++

+++

++++

DENSITY 1.5

++++

+++(+)

+

++++

+++

++++

OPERA 1.5

++++

+++(+)

+

++++

+++

++++

OPERA 0.4 + OPUS 0.25

+++

+++

+

++++

+++

++++

 

 

 

 

 

 

 

AMISTAR 1

++(+)

+(+)

+

+++

++

+++

AMISTAR PRO 2

++(+)

+(+)

++

+++

+++

++

AMISTAR 0.5 + OPUS 0.5

+++

++(+)

+

+++

+++

++

 

 

 

 

 

 

 

TWIST 500 SC

++(+)

+(+)

+

++

++

++

SPHERE 1

+++(+)

+++

+(+)

+++

+++

++

TWIST 500 SC 0.25 + OPUS 0.5

+++

++(+)

+

+++

+++

++

 

 

 

 

 

 

 

ACANTO 1

++(+)

+(+)

+

+++

++

++++

ACANTO DOS 2

+++

+(++)

+

+++

+++

++++

ACANTO 0.5 + OPUS 0.5

+++

++(+)

+

+++

+++

+++

 

 

 

 

 

 

 

FORTRESS 0.3 *

 

 

++(++)

 

 

 

NB : les mélanges mentionnés sont autorisés

* Dans nos essais de Champagne, nous constatons des résultats pour  le quinoxyfen très en retrait par rapport à ceux observés sur ces trois dernières années

 

 

Annexe 5

Organismes partenaires du réseau " Performance " 2004

Pour la première année, 47 organismes ont collaborés dans un réseau d' essai fongicides coordonné par ARVALIS - Institut du végétal et en relation avec l'INRA. L'objectif de ce réseau est d' unir des moyens expérimentaux répartis sur le territoire et augmenter la capacité de collecte d' information sur la lutte contre la septoriose. Grâce à cette démarche commune, sur les 104 essais suivis, la situation de la résistance aux strobilurines est mieux appréhendée et les résultats d' efficacité des produits sont plus solides tout en privilégiant les approches locales.

LISTE DES ORGANISMES

 

 

 

AGRIAL

 

Chambre d'Agriculture 72

BASF

 

Chambre d'Agriculture 85

BAYER

 

Coopérative Creully

Chambre d'Agriculture 02

 

Coopérative Bröons

Chambre d'Agriculture 10

 

Coopagri Bretagne

Chambre d'Agriculture 14

 

EMC2

Chambre d'Agriculture 21

 

EPICENTRE

Chambre d'Agriculture 27

 

FREDON Nord Pas-de-Calais

Chambre d'Agriculture 28

 

GDA 37

Chambre d'Agriculture 36

 

GDA Rethelois

Chambre d'Agriculture 41

 

GEDA Chalons

Chambre d'Agriculture 58

 

GIE Terre de France

Chambre d'Agriculture 60

 

GRCETA d'Issoudun

Chambre d'Agriculture 62 (GRDA Artois)

 

GRCETA Evreucin

Chambre d'Agriculture 76

 

Lepicard Agriculture

Chambre d'Agriculture 80

 

NORIAP

CAPSOM

 

NORD NEGOCE

CAPS-PONSERVAL-SENOGRAIN

 

NOURICIA

CAT 51

 

SOUFFLET AGRICULTURE

Chambre d'Agriculture 61

 

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