Cap protéines

Cap protéines

Le 27/04/2022

Des élevages de ruminants plus autonomes en protéines

ARVALIS est un des partenaires de Cap Protéines, programme élaboré entre l’état et les filières agricoles et piloté par les instituts techniques Idele et Terres Inovia pour relever le défi de la souveraineté protéique de la France.
Cet ambitieux programme de recherche, innovation et transfert bénéficie d’une enveloppe France Relance du ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation de 7.5 millions d’euros jusqu’à décembre 2022. Les chercheurs d’Arvalis ont plus spécialement pour tâche d’accroitre et d’optimiser la production et la valorisation de fourrages riches en protéines dans les élevages de ruminants.
L’autonomie protéique des systèmes herbivores français varie de 60 à 90 % selon les filières (44% en filière caprine). Mais surtout, l’autonomie protéique en concentrés n’est que de l’ordre de 15 à 20 % dans les systèmes bovins laitiers et de 25 à 30 % dans les systèmes viande et de 4% en caprins. Le principal enjeu de l’autonomie concerne donc celle relative aux protéines, tout en veillant à maintenir voire améliorer l’autonomie alimentaire globale.

Réduire la dépendance aux importations

Aujourd’hui, la complémentation protéique des ruminants est assurée par l’utilisation de Matières Riches en Protéines (MRP, soit à plus de 15% de protéines) notamment de tourteaux de colza (métropolitain, européen ou internationaux) et de tourteaux de soja provenant d’Amérique Latine et des Etats‐Unis. Cette dépendance aux marchés mondiaux des MRP est de l’ordre de 70 % pour l’Union Européenne, et de 50 % à l’échelle de la France. Avec des systèmes de plus en plus productifs et des animaux aux besoins de plus en plus élevés, l’autonomie protéique tend à se dégrader. En bovins lait, l’agrandissement des élevages et la robotisation de la traite, sont deux facteurs qui complexifient fortement voire réduisent la contribution du pâturage dans l’alimentation des troupeaux. L’herbe pâturée demeure une ressource économe (si elle est bien gérée) et équilibrée sur le plan alimentaire (énergie, protéines). Même dans les systèmes avec pâturage, l’herbe pâturée ne peut pas être proposée toute l’année au menu des ruminants compte-tenu des variations saisonnières de croissance et de conditions d’accès aux parcelles. Outre le besoin de constituer des stocks pour l’hiver, le changement climatique implique de plus en plus de constituer des stocks pour l’été, période ou la pousse de l’herbe est faible voire nulle. La qualité protéique des stocks constitue également une problématique à laquelle Cap Protéines entend apporter des solutions.

L’ambition de Cap Protéines est d’accroître les productions nationales de protéines végétales. Le programme met en œuvre un important dispositif partenarial d’expérimentation, de production de références et de communication pour donner aux agriculteurs les outils techniques et opérationnels afin d’assurer la souveraineté protéique et la compétitivité de leurs exploitations. Cap Protéines s’articule autour de cinq projets dont l’un a pour objectif de développer l’autonomie protéique des
élevages de ruminants et c’est sur cette thématique qu’Arvalis est engagé aux côtés de l’Institut de l’élevage.

Tester, démontrer, accompagner, communiquer vers les éleveurs

Le projet « Elevage » s’organise autour de 4 actions principales, comprenant elles‐mêmes plusieurs tâches :

Action 1 : L’étude et la diffusion des leviers agronomiques et zootechniques pour produire et valoriser plus de protéines en élevages.
Action 2. La mise en œuvre et la démonstration de systèmes d’élevage à forte autonomie protéique.
Action 3 : L’accompagnement des éleveurs par la mise à disposition d’outils d’évaluation, de diagnostic, de conseil, d’aide à la décision.
Action 4 : Le déploiement d’une communication cohérente et concertée sur l’ensemble du territoire en direction des éleveurs et futurs éleveurs.

Exemple d'action d'ARVALIS sur le terrain

Pour proposer de nouvelles solutions aux éleveurs, la recherche agronomique et zootechnique a besoin de nombreuses références. Il faut non seulement tester une solution à un instant t mais aussi répéter les essais dans des sols et des conditions climatiques variées. Par exemple, les essais 2021 sur l’étude de cultures fourragères d’été face au stress hydrique ne permettent pas de répondre à la question initiale compte-tenu de l’année climatique particulière. C’est tout l’intérêt de reconduire ces essais en 2022.
Au-delà de ce besoin de répéter les scénarios, la recherche sur les prairies apporte une contrainte temporelle supplémentaire. Pour juger de l’efficacité d’un levier testé sur une prairie, le pas de temps nécessaire est de trois, quatre ou cinq ans. Bien sûr, on peut tester la réponse d’une prairie à la fertilisation azotée sur un temps court. Mais si l’on cherche à observer l’évolution de la flore, de la qualité ou de la production, c’est seulement à la fin de la vie d’une prairie que l’on peut tirer des conclusions pertinentes.
Pour la recherche zootechnique, les chercheurs sont soumis aux même impératifs que les éleveurs. Avant d’être proposés à l’auge ou au pâturage, il faut avoir eu le temps de produire fourrages et autres aliments à tester. S’ajoute ensuite le temps de réalisation des essais, variable selon les thématiques et les filières. Nous prenons par exemple 9 à 10 mois de mesures pour évaluer les performances de différentes rations en engraissement de jeunes bovins.

Pour en savoir plus, cliquez ici.

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