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Communiqué de presse

Importance des dégâts liés au gel sur les blés et les orges dans le Nord-Est de la France


Depuis notre communiqué du 8 mars dernier, le suivi des cultures touchées par le gel se poursuit. Les conditions exceptionnelles rendent le diagnostic complexe. Il s’avère que les cultures de blé d’hiver et d’orges d’hiver sont localement très sérieusement endommagées en Lorraine, Champagne-Ardenne, Bourgogne et Alsace. Il est d’ores et déjà clair qu’un grand nombre devront être réimplantées. Les ressemis ont d’ailleurs déjà commencé cette semaine.

Jusqu’à -20°C sous abri et sans neige

Le quart Nord-Est de la France est la zone la plus touchée par l'épisode de gel. Après une arrivée plutôt progressive et modérée du froid fin janvier - début février, les températures entre les 4 et 5 février sont descendues parfois localement jusqu’à -20 °C en Lorraine et en Haute-Marne. Si le sud de l’Alsace a bénéficié d’une couche de neige protectrice, il n’en a pas été de même en général dans le nord-est de la France. De ce fait, l’’absence de couverture neigeuse a accentué l’effet de ces températures sur la végétation.

Des surfaces à ressemer importantes

En Lorraine et Haute-Marne, les dégâts sont importants sur le blé, avec, localement, au nord de la Haute-Marne, en Meuse, et au centre de la Moselle, 70 à 80 % des parcelles
détruites. En Alsace et au nord de la Côte d’Or, les dégâts sont moindres, mais néanmoins très significatifs avec 20 à 40% des parcelles à ressemer.
Les orges d’hiver ont évolué négativement ces dernières semaines, et les dégâts pourraient être au moins équivalents à ceux du blé en Lorraine et en Haute-Marne. Les orges sont en outre les premières concernées en termes de dégâts au nord de la Côte d’Or, avec de l’ordre de 70 % des parcelles détruites.
Les cartes qui suivent donnent une idée de la répartition des zones touchées.

Evaluer les dégâts à la parcelle

L'évaluation des dégâts à la parcelle doit se fonder sur deux éléments : le nombre de pieds viables par mètre carré ainsi que le nombre de tiges de plus de trois feuilles présentes par plante (sous-entendu : feuilles vertes et bien portantes). Le nombre de pieds par m² s'estime en observant les plantes, et surtout l’état des plateaux de tallage. La présence d’une nécrose à ce niveau est préjudiciable à la plante : même si elle présente des feuilles nouvellement émises, les pieds risquent de disparaître dans les 10 à 20 jours suivants. Des comptages précis doivent par conséquent êtreeffectués afin de ne pas se laisser tromper par l’aspect visuel des parcelles au
premier abord.

Ce premier indicateur doit être complété par le nombre de tiges de plus de trois feuilles présentes par plante (y compris le maître brin) car la saison est trop avancée pour bénéficier d'un re-tallage. Or ce sont les tiges de plus de trois feuilles qui monteront à épi. Cela permet d’éviter des erreurs de diagnostic car il est parfois observé un nombre correct de plantes/m² (entre 160 et 200) mais peu de talles viables par pied.

Des seuils de retournement réévalués

Les essais densité conduits par ARVALIS permettent d’établir des seuils en dessous desquels il est conseillé de retourner la culture. Ils sont en moyenne de 100 plantes en bonne santé /m² (80 plantes/m² en sols profonds et 120 plantes/m² en sols superficiels).
Compte tenu des faibles possibilités de rattrapage par le tallage cette année, on conseille de retenir les seuils de retournement suivants : 130 plantes/m² en sols profonds et 160 plantes/m² en sols superficiels.

Téléchargez ci-contre en pièce jointe, le communiqué de presse et la carte des dégâts.