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Communiqué de presse

Après le froid


Après la vague de froid de février, selon l’intensité du gel, la présence de neige, les espèces et variétés mises en place et le stade des cultures lors de l’arrivée du froid, on peut s’attendre à de fortes disparités régionales de dégâts aux cultures. ARVALIS conseille de conserver les cultures tant que leur densité est supérieure à 100 plantes/m².

Des disparités régionales

En dehors de la Bretagne et du pourtour méditerranéen, l’ensemble du territoire a connu des températures minimales inférieures à -8 °C, voire -10 °C. Certaines zones ont même enregistré des -18 °C à -20 °C. A l’opposé, la couverture neigeuse n’a quasiment pas concerné la moitié Est du territoire.

Quel impact sur les cultures ?

Contrairement aux premières évaluations faites il y a quelques semaines, il semblerait que les blés durs soient relativement peu touchés, car ils sont majoritairement présents dans des secteurs protégés par la neige ou dans des milieux où la température n’est pas descendue très bas. Les seuls départements très pénalisés sont le Cher et le Loiret. Il faut noter que les sensibilités variétales au froid ont fortement conditionné le niveau de dégâts. En zones Ouest et Sud, les destructions totales de cultures seront sans doute très limitées, mais la quasi-totalité des parcelles ont plus ou moins été touchées par le gel ; les conséquences sur le rendement final sont difficiles à évaluer.
A l’inverse, les cultures de blé tendre et d’orge d’hiver ont pu être très fortement touchées dans les zones les plus froides ; ainsi, en Bourgogne, Lorraine et Champagne-Ardenne, les surfaces de céréales d’hiver affectées par le gel sont importantes, et les besoins de re-semis sont localement forts (> 20-30 %). Les facteurs de variation sont : l’exposition des parcelles, la variété, le niveau de développement. De même, dans l’Est de la région Centre (Loiret, Cher), les variétés sensibles ont été sérieusement touchées. Sur le reste du territoire, les dégâts sont beaucoup plus limités, et souvent liés à des défauts de conduite (semis trop précoces, choix de variétés trop sensibles, apports d’azote trop précoces).
Parmi les cultures de moindre ampleur qui ont pu être affectées, on citera les protéagineux d’hiver (indemnes à l’Ouest mais souvent détruits à l’Est), et les orges de printemps semées en automne (détruites en l’absence de neige).

Néanmoins, la bonne nouvelle est que les conditions actuelles sont plutôt favorables à une limitation des dégâts : pas d’alternance gel-dégel, pas de vent desséchant qui viendrait à faire perdre leur eau aux cultures, pas d’excès d’eau outre-mesure autre que la fonte de la neige.

Seuil de retournement : autour de 100 plantes/m²

De manière générale, en blé tendre, on évalue à 100 plantes par m² le peuplement nécessaire pour garder la culture en place (seuil légèrement plus faible - 80 plantes - en sols profonds, et plus élevé -120 - 150 plantes - en sols superficiels et caillouteux). Ceci tient compte des capacités de rattrapage des plantes (reprise du tallage, système racinaire en place et fonctionnel), mais aussi d’un surcoût engendré par le remplacement de la culture. En d’autres termes, il est en général plus rentable économiquement de laisser en place une culture dégradée par le gel, dont le potentiel de rendement sera amoindri de 5 ou 10 % mais qui peut repartir rapidement compte tenu de son enracinement acquis, que d’engendrer de nouvelles charges en implantant une culture de printemps, au rendement lui-même réduit, et plus sensible aux accidents climatiques de deuxième partie de cycle. Il est important de vérifier l’état d’enracinement de la culture, car c’est lui qui soutiendra le rattrapage de la culture dans les mois à venir (accès à l’eau et à l’azote en particulier). Si un re-semis s’impose, il sera nécessaire de s’orienter vers des variétés alternatives ou de printemps.

Conduite d’une culture affectée par le gel

Dans l’hypothèse de dégâts marqués mais insuffisants pour justifier le retournement, la conduite sera à adapter. Voici quelques points à surveiller :

- Désherbage : éviter toute application trop précoce qui pourrait engendrer des phénomènes de phytotoxicité, par manque de capacité de dégradation par la culture. En pratique, attendre 1 semaine minimum de températures sans gel afin que les cultures repartent et soient à nouveau en croissance.

- Fertilisation : Les premiers apports d’azote ont eu lieu dans la majorité des situations ; s’il est effectivement nécessaire d’accompagner la croissance des cultures en phase de
rétablissement avec la fertilisation azotée, il est important de rappeler que des apports massifs ne peuvent être correctement valorisés. Des cultures affectées nécessitent donc
plutôt des petits apports successifs que des apports massifs. Bien entendu il faudra tenir compte dans les apports d’un potentiel de rendement probablement réduit, quitte à
réajuster en cours de campagne en utilisant les outils d’aide à la décision adaptés,

- Régulateurs : l’épisode de gel en détruisant une partie des surfaces foliaires (et éventuellement des talles), la concurrence pour la lumière entre tiges va être réduite, ce qui devrait conduire à de moindres étiolement. Le risque de verse a donc été fortement réduit par l’épisode de gel. Quoi qu’il en soit, une application de régulateurs de croissance
ne sera valorisée que si la culture est en croissance active et après qu’on ait évalué le risque de verse,

- Maladies : Dans tous les cas les températures négatives interrompent (ou ralentissent très fortement) la progression des épidémies. La question porte principalement sur la survie de l’inoculum par -18 °C en l’absence de neige (cas des rouilles), en revanche, la septoriose serait beaucoup plus résistante au froid, le risque piétin resterait stable et la pression
d’oïdium diminue considérablement en présence de neige. Dès une reprise nette de la végétation, l’observation des parcelles sera nécessaire pour évaluer la présence éventuelle
de maladies suite à ces épisodes extrêmes.

Plus d’informations sur www.arvalis-infos.fr
« L’après gel : quel devenir des cultures »
« Choisir et décider 1 »

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