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Communiqué de presse

Céréales et vague de froid : bien évaluer les risques


Les céréales cultivées en France sont adaptées à des températures hivernales de -5 °C à -15 °C sous abri selon les stades, et les dégâts sont rares. Ce qui est inhabituel cet hiver, c’est le développement avancé des plantes (jusqu’au stade « épi à 1 cm » dans certaines situations) qui rend les cultures plus exposées à la vague de gel que nous connaissons. Si les effets délétères du froid étaient avérés, la faculté des céréales à taller devrait limiter les éventuels dégâts. Toutefois, à l’heure où nous écrivons ces lignes, il est très difficile de se prononcer sur les conséquences finales sur les cultures.

Le froid progressif moins dommageable

Depuis quelques jours une vague de froid s’est installée progressivement sur la France et son intensité maximale est attendue pour la fin de la semaine. Elle a été accompagnée de chutes de neige dans un certain nombre de régions. Avant de tirer des conclusions hâtives sur d’éventuels dégâts, il faut analyser sereinement la situation. Parmi les points positifs -en comparaison à des épisodes climatiques antérieurs de même nature- l’installation progressive du froid sur quelques jours a laissé un peu de temps aux plantes pour « s’adapter » (précédents petits épisodes de gel il y a 2 semaines, baisse progressive des températures depuis la fin de semaine dernière, amplitudes journalières faibles). Le faible engorgement en eau des sols limitera les effets mécaniques du gel. Enfin, les minimales annoncées seraient de l’ordre de -10 à -15 °C (localement -20 °C), valeurs qui restent généralement acceptables pour des céréales d’hiver, surtout qu’une protection neigeuse s’est mise en place sur une partie du territoire.

Situations les plus exposées

Des inquiétudes légitimes s’expriment néanmoins dans certaines situations. Tout d’abord, et naturellement, dans les zones où le froid sera le plus intense. Ensuite, certaines espèces sont plus sensibles au froid que d’autres : avoines d’hiver, orges de printemps semées en automne et blés durs. Ensuite viennent les orges d’hiver et les blés alternatifs. Enfin, les espèces les moins à risque sont le blé tendre d’hiver, le triticale et le seigle, sous réserve que le stade « épi 1cm » ne soit pas atteint. Au sein de chaque espèce, il existe une forte variabilité génétique de la sensibilité au froid.

Le stade de la culture va également être déterminant sur l’impact potentiel du froid. En effet, lorsque les cultures ont terminé leur vernalisation, leur capacité à s’endurcir s’abaisse, voire disparaît. Ainsi, pour des blés tendres alternatifs (qui ont de faibles besoins en vernalisation), l’aptitude à s’adapter à un froid progressif n’existe plus ; ce sera donc la valeur absolue de la température minimale atteinte qui primera. Cela est également vrai pour des céréales qui approchent ou dépassent le stade « Epi 1cm ». De plus, à partir de ce stade, l’épi s’élève audessus de la surface du sol, ce qui le rend plus vulnérable à une chute brutale et ponctuelle de la température. Il est important de noter que toutes les talles d’une plante ne sont pas synchronisées ; lorsque le maitre-brin atteint ce stade, les apex des talles primaires et a fortiori secondaires sont beaucoup moins avancés et donc moins vulnérables. Ainsi, des céréales semées claires sont moins à risque que des céréales semées densément : la proportion de maitre-brins sur l’ensemble des tiges est plus faible.
On considère généralement à partir de ce stade le seuil de -4 °C sous abri (environ -7 °C en plaine) comme un seuil d’alerte, et non un seuil de dégâts systématiques ; les références en plein champ concernant les conditions de destruction des cultures sont évidemment très rares et peu documentées.

Quel impact sur les cultures ?

La destruction d’une partie des plantes ou des maitres-brins ne condamne évidemment pas la culture. On sait que les céréales ont de fortes capacités de compensation, à travers le tallage, la fertilité épi et le PMG. Une perte de plantes n’est vraiment préjudiciable que si elle dépasse 20 à 40 % selon les milieux. De même, le gel du maitre-brin va provoquer une croissance accrue des talles de la plante, qui compenseront partiellement la disparition des tiges principales. Par ailleurs, les racines de la culture survivent à de tels scénarii de froid : les tiges qui se maintiendront bénéficieront donc d’un système racinaire déjà développé, ce qui accroit la capacité de la culture à se rétablir en début de printemps.

La seule attitude consiste à attendre pour préciser le diagnostic (voir méthode de diagnostic sur www.arvalis-infos.fr) et naturellement à reporter toutes les interventions (fertilisation, traitements). Si un resemis s’impose, il sera nécessaire de s’orienter vers des variétés alternatives ou de printemps.

Téléchargez ci-contre, en pièce jointe, le communiqué de presse.