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ELBA, l’outil qui évalue le potentiel de la biomasse

Depuis septembre 2018, l’outil ELBA est à la disposition des agriculteurs, des institutionnels et des organismes professionnels agricoles qui souhaitent connaître les ressources en biomasse disponibles à une échelle géographique donnée.

La France a entériné l’objectif fixé par la Commission européenne de consommer (au moins) 27 % d’énergies renouvelables à l’horizon 2030 en l’inscrivant en 2015 dans la loi pour la Transition énergétique et la croissance verte. Pour parvenir à ce but, les stratégies de développement ont placé la biomasse d’origine agricole parmi les principales sources d’énergie renouvelable contribuant à limiter les gaz à effet de serre. L’exploitation de cette biomasse passe toutefois par une meilleure connaissance des ressources locales.

 Quantifier les ressources, une nécessité

Aussi cinq instituts(1) de R&D agricoles soutenus par l’Ademe ont joint leurs forces pour élaborer ELBA, un outil de référence pour estimer et localiser cette biomasse. S’appuyant sur différentes bases de données statistiques et sur leurs résultats d’expérimentation (recensement agricole, rendements, fréquence d’exportation de pailles, part de biomasse récoltable…), ELBA estime les ressources en biomasse sous ses différentes formes (cultures énergétiques, résidus de récolte dont pailles, tous effluents d’élevage…) et leur répartition en France. La collecte et l’exploitation des données a nécessité un important travail méthodologique préalable.

L’outil distingue les ressources brutes - sur pied ou sous l’animal, n’ayant subi aucune transformation ou perte - de celles durablement disponibles à la ferme (figure 1). Ces dernières prennent en compte différentes pertes et usages actuels : pertes liées à la récolte et au stockage, besoins pour les litières des animaux et retours au sol de résidus garantissant la préservation de la fertilité des sols.

Plusieurs niveaux d’analyse

L’outil ELBA dresse un portrait précis des ressources françaises en biomasse, dont l’échelle géographique peut être choisie selon l’utilisateur des résultats. Par exemple, les politiques régionales s’appuieront sur les résultats à l’échelle départementale plutôt que cantonale, du fait de la trop grande variabilité des conditions locales d’exploitation.

2,6 millions de ménages pourraient être alimentés en énergie en valorisant les 120 Mt d’effluents potentiels.

En revanche, les résultats au maillage cantonal aideront à structurer le développement et la structuration de projets de valorisation. Par exemple, trois départements du sud-ouest de la France, le Gers, les Landes et les Pyrénées-Atlantiques, s’avèrent pouvoir produire 87,6 millions de mètres cubes de méthane (MNm3) à partir de lisiers de porc et de volaille codigérés avec des résidus de maïs, sur les 153,2 MNm3 que peut produire l’ensemble de la région. En examinant les résultats d’ELBA à l’échelle cantonale, il s’avère que près de la moitié du potentiel, soit 70 MNm3, est concentré dans une petite aire de 50 par 100 km, caractérisée par de petites exploitations à cheval sur ces trois départements ; la structuration de projets de méthanisation collectifs serait alors plus appropriée sur cette aire. Dans les autres cantons, d’autres procédés de valorisation de la biomasse sont envisageables à partir de résidus de maïs : combustion, matériaux biosourcés...

Un puissant outil de prospective

ELBA révèle que la biomasse issue des effluents d’élevage (fumier, lisier…) s’élève à plus de 120 millions de tonnes brutes (Mt) pour toute la France, dont 42 % sont fournies par le Nord-Ouest (55 % pour le seul fumier). Différents plans d’actions peuvent être dressés par les décideurs locaux pour tirer parti de cette biomasse et des coproduits de type digestat de méthanisation.

« L’échelle cantonale vient en complément des évaluations départementales pour mieux structurer le développement des projets. »

Pour les biomasses végétales comme pour les pailles de céréales, les plus grandes quantités de résidus végétaux (pailles d’oléagineux, cannes de maïs et menue paille de céréales) se situent ainsi en Centre-Bassin parisien, Champagne-Ardenne, Poitou-Charentes et dans le Sud-Ouest. Ces régions totalisent 53 % du potentiel français, soit 1,8 Mt de matière sèche pour les seules pailles de céréales (figure 2). Les échanges entre zones céréalières et zones d’élevage à proximité sont réels mais difficilement quantifiables. Ils réduisent l’intérêt de ces zones, partagées entre différentes orientations d’exploitation, pour le développement de projets basés sur les seules ressources en paille.

Sylvain Marsac – s.marsac@arvalis.fr
ARVALIS – Institut du végétal
Paloma Cabeza-Orcel – p.cabeza@perspectives-agricoles.com

(1) Le groupe d’intérêt économique GAO auquel participent ARVALIS (l’institut technique des grandes cultures), Terres Univia et Terres Inovia (respectivement l’organisation interprofessionnelle et l’institut technique des oléoprotéagineux) en partenariat avec l’IDELE (l’institut technique de l’élevage), l’IFIP (l’institut technique du porc), l’ITAVI (l’institut technique des volailles) et la participation de FranceAgriMer, qui dirige l’Observatoire national des ressources en biomasse.

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L’outil ELBA fournit des résultats selon un maillage régional ou départemental en version gratuite. Pour accéder à l’outil, inscrivez-vous sur https://elba.arvalis-ext.com/.


Cet article est extrait du numéro 460 (novembre 2018) de Perspectives Agricoles.
Pour accéder à l’intégralité du numéro, rendez-vous sur le site de Perspectives Agricoles.